
L’Ouganda renforce son engagement en faveur de l’adaptation menée au niveau local (LLA) en lançant une communauté de pratique (CoP) nationale lors de la Semaine ougandaise de l’eau et de l’environnement (UWEWK) de 2026. L’UWEWK est l’une des principales plateformes nationales du pays pour le dialogue sur les questions liées à l’eau, à l’environnement et au climat. Le lancement de cette communauté de pratique marque une étape importante dans les efforts déployés par l’Ouganda pour tirer les leçons des initiatives d’adaptation au changement climatique et renforcer la collaboration entre les secteurs et les différents niveaux de gouvernance.
Ce lancement officiel s'inscrit dans la continuité d'une série de webinaires de formation organisés au cours de l'année écoulée, qui ont réuni des acteurs de terrain et des décideurs politiques afin d'échanger sur les premières expériences tirées d'initiatives d'adaptation menées au niveau local. Organisée par le Département du changement climatique (CCD) du ministère de l'Eau et de l'Environnement, la CoP offre une plateforme nationale permettant de partager des expériences, de consigner les enseignements tirés et de promouvoir des approches fondées sur des données factuelles en matière d'action climatique menée au niveau local.
L'Ouganda s'est imposé comme un exemple phare de mise en œuvre de l'approche « LLA », avec plusieurs initiatives visant à tester des approches innovantes pour acheminer les financements climatiques et transférer le pouvoir de décision au niveau local. Parmi celles-ci figurent l’Initiative des pays les moins avancés pour une adaptation et une résilience efficaces (LIFE-AR), le Fonds local pour un mode de vie adapté au climat (LoCAL) et d’autres programmes soutenant la résilience impulsée par les communautés.
Si ces initiatives permettent de tirer des enseignements précieux aux niveaux local, régional et national, les occasions de partager et de consolider ces expériences restent toutefois limitées. De ce fait, les enseignements tirés des approches efficaces en matière d’alphabétisation des adultes risquent de rester cantonnés à des projets individuels, au lieu d’étayer l’élaboration de politiques et de programmes à plus grande échelle.
La mise en place d'une communauté de pratique nationale vise à combler cette lacune en créant une plateforme structurée favorisant une meilleure coordination, le partage des connaissances et la synthèse systématique des savoirs entre les pouvoirs publics, le monde universitaire, la société civile et les communautés.
Cette plateforme réunira des représentants des pouvoirs publics nationaux et locaux, d’organisations de la société civile, du monde universitaire, du secteur privé, des partenaires au développement et des responsables communautaires. Grâce à des échanges réguliers et au partage des connaissances, cette communauté de pratique aidera les professionnels à consigner leurs expériences sur le terrain, à identifier les défis et à promouvoir les approches efficaces.
Il est important de noter que la communauté de pratique contribuera à garantir que les enseignements tirés de la mise en œuvre au niveau local soient pris en compte dans la planification nationale en matière de climat, l'élaboration du budget et la conception des programmes.
La plateforme permettra également de relier l'expérience de l'Ouganda aux processus d'apprentissage mondiaux dans le cadre de LIFE-AR, permettant ainsi à d'autres PMA de tirer des enseignements de l'approche ougandaise en matière d'adaptation menée au niveau local.

Ce lancement s'inscrit dans la dynamique de LIFE-AR, une initiative menée et pilotée par les PMA. En Ouganda, l’initiative teste actuellement un mécanisme permettant d’acheminer directement le financement climatique vers douze districts du pays.
L'une des caractéristiques essentielles de cette initiative est son engagement à faire en sorte qu'au moins 70 % des fonds destinés à la lutte contre le changement climatique parviennent au niveau local, permettant ainsi aux communautés d'identifier, de concevoir et de mettre en œuvre directement les investissements prioritaires en matière d'adaptation qui reflètent leurs réalités quotidiennes.
Au début de sa mise en œuvre, LIFE-AR a donné la priorité à la sensibilisation et à l'implication des communautés dans l'ensemble des districts participants. Grâce à des dialogues communautaires, des réunions publiques et des consultations, les habitants ont été informés du programme et encouragés à participer à la définition des priorités en matière de résilience climatique. Ces actions ont contribué à renforcer la collaboration entre les communautés, les collectivités locales et les institutions nationales.

Comme l'a expliqué un habitant de Karamoja lors d'une consultation publique :
« Pour la première fois, nous avons le sentiment que notre avis compte. On ne se contente pas de nous dire ce qui va se passer dans notre quartier : nous participons à l’élaboration des solutions aux défis auxquels nous sommes confrontés. »

L'une des étapes clés de cette initiative a en effet été la mise en place de comités paroissiaux sur le changement climatique (PCCC) dans les communautés participantes. Ces comités incarnent l'engagement de l'Ouganda en faveur d'une gouvernance inclusive, les femmes occupant au moins 40 % des postes au sein de ces comités, ce qui leur permet de contribuer activement aux processus décisionnels.
Une membre du comité a évoqué les changements apportés par le programme :
« Avant ce projet, les femmes avaient rarement l’occasion de s’exprimer dans les prises de décision communautaires. Aujourd’hui, nous faisons partie du comité, et nos idées contribuent à façonner des projets qui soutiennent nos familles et protègent notre environnement. » .”

En officialisant la communauté de pratique (CoP) sur l'adaptation menés au niveau local (LLA), l'Ouganda devient l'un des premiers PMA à créer une plateforme nationale d'apprentissage multipartite dédiée à l'adaptation menés au niveau local. Cette CoP offre un modèle reproductible pour d'autres pays qui envisagent de mettre en place des structures similaires dans le cadre de la « Vision 2050 des PMA pour la résilience ».
Avec désormais 12 districts participant à LIFE-AR et une plateforme nationale pour ancrer l'apprentissage, l'Ouganda montre comment le LLA peut passer du stade des projets à celui des systèmes, et des projets pilotes locaux à une politique nationale et à une influence mondiale.
Le ministère de l'Eau et de l'Environnement continue de jouer un rôle essentiel dans l'orientation et le suivi de la mise en œuvre de LIFE-AR. Grâce à une supervision étroite et à une collaboration étroite avec les collectivités locales et ses partenaires, le ministère garantit la transparence, la responsabilité et l'utilisation efficace des financements liés au climat.
Le partenariat entre les institutions gouvernementales, les partenaires de développement et les communautés témoigne d'un engagement commun à renforcer la résilience de l'Ouganda face au changement climatique grâce à l'adaptation menée au niveau local (LLA).

Alors que la communauté de pratique LLA entame ses travaux, elle devrait devenir un moteur dans la mise en place de communautés résilientes face au changement climatique à travers l’Ouganda, en donnant plus de poids aux voix locales, en renforçant l’élaboration de politiques fondées sur des données factuelles et en reliant les enseignements tirés en Ouganda aux efforts mondiaux d’adaptation.
Le lancement de cette initiative à l'UWEWK témoigne d'un engagement national commun selon lequel l'adaptation menée au niveau local n'est pas seulement une approche, mais la voie vers un avenir résilient face au changement climatique pour l'Ouganda.