
Cet article de blog est un résumé de l' étude de cas disponible dans la section « Publications ».
Une communication efficace et inclusive est l’un des moteurs les plus puissants de l’action pour le climat. En Ouganda, elle a servi de trait d’union entre les ambitions nationales en matière de climat et les réalités des communautés dans quatre districts pilotes sélectionnés dans le cadre de l’initiative LIFE-AR. Plutôt que de considérer la communication comme un simple exercice de sensibilisation, les équipes nationales et locales de LIFE-AR l’ont utilisée comme un outil stratégique pour instaurer la confiance, faire évoluer les perceptions et mobiliser les communautés. Grâce à LIFE-AR, les communautés sont devenues les concepteurs de solutions d’adaptation adaptées à leurs besoins. L’exemple de l’Ouganda montre comment une stratégie de communication à plusieurs niveaux a permis une participation locale significative. Il offre des enseignements pour développer à plus grande échelle l’action climatique menée par les communautés.
Pour participer, les communautés ont besoin de bien plus que de simples informations. Elles ont besoin de messagers de confiance, d’une approche adaptée au contexte et d’espaces clairs leur permettant d’influencer les décisions. La stratégie de communication de LIFE-AR en Ouganda s’est délibérément appuyée sur les structures des districts, des sous-comtés et des paroisses, en faisant appel à des animateurs parlant les langues locales et comprenant les dynamiques sociales de chaque région. Des réunions de sensibilisation avec les responsables politiques et techniques ont permis de garantir la cohérence des messages, tandis que les dialogues organisés au niveau des sous-comtés ont établi un lien entre la planification au niveau du district et la mobilisation sur le terrain.
Deux éléments clés ont été essentiels au succès de cette stratégie. Premièrement, l’engagement au niveau des paroisses, à travers des réunions avec les responsables des conseils locaux (LC), les chefs de paroisse et les agents de développement communautaire (CDO), a jeté les bases d’une mobilisation plus large. Ensuite, une planification minutieuse des actions de mobilisation, tenant compte du contexte local et des priorités telles que les saisons agricoles, les jours de culte et les habitudes locales, a facilité la participation et favorisé l’inclusion.
Cette approche, ancrée dans les réalités quotidiennes de la communauté, a contribué à renforcer l'appropriation et le leadership locaux.
Afin de toucher des publics variés, les équipes nationales et locales de LIFE-AR ont eu recours à une combinaison d’outils de communication, chacun étant adapté à différents contextes et niveaux d’alphabétisation (tableau 1). Les campagnes menées sur les marchés et le long des routes ont utilisé des mégaphones, de la musique et des personnalités locales de confiance pour capter l’attention des habitants dans les zones à forte fréquentation, ce qui a permis d’atteindre les groupes peu alphabétisés et de susciter la curiosité à l’égard de LIFE-AR. La radio s’est révélée être un canal particulièrement efficace en raison de sa large couverture en milieu rural et de sa capacité à diffuser en langues locales, notamment lorsqu’elle était associée à des entretiens interactifs ou à des séquences de questions-réponses avec des leaders en qui les communautés avaient déjà confiance. Les « barazas », ou rassemblements communautaires, ont créé un espace de dialogue en face à face où les habitants pouvaient poser des questions, exprimer leurs préoccupations et comprendre en quoi LIFE-AR se distinguait des autres programmes. Les structures de direction locales — notamment les responsables des comités de quartier (LC), les chefs de paroisse et les responsables de développement communautaire (CDO) — ont joué un rôle central dans la diffusion des messages entre les interactions officielles, bien que leur efficacité ait varié en fonction de leurs capacités, de leurs autres responsabilités et du niveau de confiance dont ils jouissaient au sein de la communauté. Parallèlement, les groupes WhatsApp ont renforcé la coordination verticale entre les équipes nationales et celles des districts, facilitant ainsi la résolution des problèmes en temps réel, le partage des enseignements tirés et l’harmonisation des messages entre plusieurs districts.




L’un des facteurs clés du succès de la mobilisation menée par LIFE-AR Ouganda a été son approche de communication fondée sur la co-création. L’équipe nationale a travaillé en étroite collaboration avec les responsables de district et de sous-comté ainsi qu’avec les dirigeants des conseils locaux afin d’élaborer des messages reflétant les valeurs, les besoins et les réalités quotidiennes des communautés. Ce processus conjoint a permis de garantir que les messages trouvent un écho auprès de publics divers et de renforcer leur légitimité, les communautés se reconnaissant dans les priorités et le langage utilisés dans les supports de communication.
Les messages ont été adaptés à différents publics : simples, accessibles et ancrés dans la réalité quotidienne des membres de la communauté ; plus techniques pour les responsables de district, de sous-comté et de paroisse qui avaient besoin de précisions sur les rôles et les mécanismes de gouvernance.
Les liens solides entre les responsables locaux et les habitants ont encore renforcé la portée et la crédibilité de ces messages, qui ont été étayés par des recommandations claires et des ressources fournies par l'initiative.
Le message principal s'articulait autour de quatre thèmes :

L'approche d'engagement à plusieurs niveaux mise en œuvre par LIFE-AR a donné des résultats significatifs dans les quatre districts.


Les expériences menées dans les districts pilotes ont permis de dégager plusieurs enseignements importants pour renforcer l'engagement communautaire.
Une communication inclusive dès le départ a contribué à renforcer la légitimité, en particulier lorsque les femmes, les jeunes, les personnes en situation de handicap et les personnes âgées ont été délibérément impliqués, ce qui a permis à des slogans tels que « ne laisser personne de côté » de trouver un écho même dans les circonscriptions conservatrices. Cependant, les disparités persistantes en matière de participation, telles que la faible représentation des femmes et la visibilité limitée des personnes en situation de handicap, montrent que des obstacles structurels subsistent et nécessitent des approches ciblées, des messages accessibles et des canaux de retour d’information plus efficaces.
L'adaptation des messages aux langues locales et aux réalités quotidiennes a permis de rendre les informations climatiques plus accessibles, en particulier au niveau des paroisses, où le taux d'alphabétisation varie.
Une coordination efficace entre les différents niveaux de gouvernance a permis d'améliorer la cohérence et la portée des messages, tandis que les perceptions de la communauté ont été fortement influencées par les programmes de développement antérieurs, ce qui souligne la nécessité de gérer les attentes de manière transparente et de renforcer les capacités de communication des dirigeants.
Des données mieux ventilées selon le genre, l'âge et le handicap permettront de mieux mettre en place des actions de sensibilisation adaptées et équitables.
Enfin, une collaboration précoce et continue avec les médias locaux peut accroître la visibilité et renforcer la crédibilité des messages diffusés au sein des communautés.

L’expérience de LIFE-AR en Ouganda montre que la communication n’est pas une activité secondaire : elle est au cœur de l’instauration de la confiance, de la légitimité et d’une gouvernance climatique locale responsable. Lorsque les messages s’ancrent dans la réalité des populations, sont diffusés par des canaux de confiance et renforcés par de multiples niveaux d’engagement, les communautés deviennent des partenaires actifs de l’adaptation. En Ouganda, LIFE-AR a tracé la voie vers une action climatique participative, équitable et profondément ancrée dans les réalités vécues par les populations. Les enseignements tirés des quatre districts pilotes mettent en avant un modèle de communication climatique participatif, équitable et durable, qui permet véritablement de faire entrer l’action climatique dans le quotidien de chacun.