2026 est l'une des années les plus chaudes jamais enregistrées, et les effets de ces températures anormalement élevées se font déjà sentir dans les hémisphères nord et sud. Les scientifiques préviennent que le réchauffement des océans alimentera un phénomène El Niño particulièrement intense, exacerbant les vagues de chaleur et les feux de forêt dans l'hémisphère nord, ainsi que les phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses et les fortes précipitations dans l'hémisphère sud. Les pays les plus touchés par ces effets ont besoin d'un soutien à la fois systématique et systémique pour faire face efficacement aux risques pesant sur la sécurité alimentaire, la disponibilité de l'eau et la qualité de l'eau.
Un El Niño particulièrement intense en 2026
L’Organisation météorologique mondiale a publié un communiqué début juin, alors que l’Europe connaissait déjà sa première vague de chaleur : « Alimentées par des eaux océaniques anormalement chaudes dans le Pacifique, les conditions El Niño se développent et devraient influencer les températures et les régimes pluviométriques, augmentant ainsi le risque de phénomènes météorologiques extrêmes au cours des prochains mois. » El Niño est un phénomène récurrent, mais les scientifiques du monde entier craignent que, cette année, les températures océaniques élevées ne viennent amplifier ses effets. Comme l’a déclaré le Secrétaire général des Nations unies dans son message d’alerte en juin : « La seule réponse efficace est une action climatique à la hauteur de la crise. »
Mais qu'est-ce qu'une action efficace en faveur du climat ?
L'appel en faveur d'une approche à long terme
Il peut être tentant – et immédiatement nécessaire – de réagir à une crise par des mesures d’urgence. Mais la réalité du réchauffement climatique est que les anomalies météorologiques actuelles deviendront progressivement la norme. Ce qui est aujourd’hui peut-être l’année la plus chaude jamais enregistrée pourrait bien être l’une des plus fraîches dans les années à venir. Si les communautés s’adaptent en s’appuyant sur leur expérience vécue et sur les savoirs autochtones et locaux pour gérer leurs moyens de subsistance, cette capacité s’érode en raison des pertes et des dommages causés par les aléas climatiques tels que les inondations. S’adapter à des conditions climatiques plus rudes est une nécessité sociale, écologique et économique, et pour les pays les moins avancés, c’est une question de survie.
Malgré des appels répétés en faveur d'un renforcement de l'aide climatique, tant la quantité que la qualité des financements destinés à l'adaptation sont bien en deçà des besoins des PMA. Plus précisément, le renforcement de l'adaptation et de la résilience nécessite des approches à long terme, globales et tournées vers l'avenir, qui font encore défaut aujourd'hui.
Réponse de LIFE-AR
Pour remédier à cette situation, l’Initiative des PMA pour une adaptation et une résilience efficaces a été mise en place en 2019 par le Groupe des PMA sur le changement climatique, dans le but d’orienter une part plus importante du financement climatique vers les communautés les plus touchées, tout en renforçant la capacité des PMA à investir dans les priorités d’adaptation identifiées au niveau local et à faciliter l’accès aux fonds climatiques. LIFE-AR est mis en œuvre selon une approche par étapes, visant une viabilité à long terme, et comporte trois phases principales afin de laisser aux pays suffisamment de temps pour mettre en place ou adapter leurs dispositifs institutionnels et financiers et renforcer leurs capacités avant d’investir.
L’objectif de LIFE-AR est d’aider les pays à mettre en place les systèmes institutionnels, de gouvernance et financiers permettant de planifier, d’allouer et de mettre en œuvre le financement de la lutte contre le changement climatique. Ces « mécanismes de mise en œuvre » visent à :
- Intégrer le financement de la lutte contre le changement climatique dans les systèmes de planification et de budgétisation des pouvoirs publics
- Renforcer les institutions et la coordination entre les secteurs et les différents niveaux de pouvoir
- Favoriser une prise de décision inclusive associant les communautés et les collectivités locales
- Affecter au moins 70 % des fonds destinés à la lutte contre le changement climatique à des investissements au niveau local
- Privilégier la résilience à long terme plutôt que les approches axées sur des projets à court terme
Ces mécanismes sont conçus pour être flexibles. Ainsi, bien qu’ils visent à renforcer la résilience à long terme, les mécanismes de mise en œuvre holistiques, adaptatifs, participatifs et éprouvés du programme LIFE-AR peuvent être appliqués dans de nouvelles régions, à mesure que des zones géographiques auparavant résilientes subissent les effets d’El Niño ou d’événements climatiques similaires.
Renforcer la résilience des communautés
Grâce à une planification à long terme, concertée et globale, les investissements d’adaptation soigneusement sélectionnés par les communautés en fonction des risques climatiques avérés et anticipés permettent de faire face aux impacts du phénomène El Niño de cette année. Il peut s’agir notamment de fortes précipitations entraînant des inondations, des glissements de terrain et des dégâts aux infrastructures, ou encore de températures extrêmes provoquant une sécheresse sévère, des mauvaises récoltes et une pénurie d’eau.
Par exemple, en cas de fortes précipitations, en Ouganda, la construction de routes d’accès communautaires résilientes au changement climatique, mettant particulièrement l’accent sur les systèmes de drainage pour réduire les impacts des inondations, garantira un accès continu aux écoles et aux marchés avec un minimum de perturbations, tandis que les interventions agroforestières contribueront à réduire les risques d’inondation et à améliorer la résilience du paysage. Au Malawi et en Gambie, la construction de digues dans des zones stratégiques vise à prévenir les effets les plus graves des inondations et de l’érosion. Pour faire face aux sécheresses, les communautés du Burkina Faso et d’Éthiopie ont opté pour le reboisement, la restauration des sols, la mise en place de systèmes de micro-irrigation ou des investissements dans l’approvisionnement en eau potable. En outre, tous les pays participant au programme LIFE-AR ont orienté leurs investissements vers le renforcement des moyens de subsistance grâce à la diversification des revenus des ménages ou aux économies réalisées sur la consommation d’énergie, en considérant la résilience économique comme un moteur essentiel pour soutenir le redressement des communautés après des chocs climatiques.

Les conséquences de ce phénomène El Niño particulièrement intense prévu cette année constituent un avertissement sans équivoque pour les années à venir. Pour faire face à une crise climatique telle qu’El Niño, les interventions à long terme ont leur place aux côtés des mesures d’urgence à court terme. L’exemple de LIFE-AR montre qu’une combinaison adéquate de mesures de résilience et d’adaptation à long terme peut aider les communautés à faire face aux pires conséquences ou favoriser un redressement plus rapide.










