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Dans la commune de Didyr, au Burkina Faso, un groupe de femmes a bénéficié de ce que la plupart des programmes climatiques offrent rarement : la possibilité de s’exprimer pour décider des projets à mettre en œuvre.
Dans le cadre de l’Initiative des pays les moins avancés pour une adaptation et une résilience efficace (LIFE-AR), un groupe de femmes de la commune de Didyr a pu choisir des investissements visant à renforcer la résilience de leur communauté face au changement climatique. Et l’investissement qu’elles ont choisi, sur la base de leur propre évaluation des besoins, concernait des fourneaux améliorés. Elles espèrent des effets durables allant bien au-delà d’un air plus pur : la diminution de la consommation de bois allégera la pression sur des forêts déjà fragiles, tout en réduisant les émissions de CO₂. Ces fourneaux améliorés sont construits en banco, en briques d’argile et en ciment plutôt qu’en pierres empilées, ce qui permet un contrôle optimisé de l’apport d’air et une meilleure isolation thermique. La consommation de bois a déjà été réduite de 30 % depuis la mise en service de ces fourneaux.

Plus important encore, ces fourneaux constituent un outil d’autonomisation des femmes au sein de leurs communautés. En réduisant le temps consacré à la collecte de bois de chauffage et à la cuisine (les fourneaux améliorés permettent de réduire le temps de cuisson de 26 à 30 %), ils libèrent du temps pour que les femmes puissent se consacrer à des activités génératrices de revenus, éduquer leurs enfants et participer plus pleinement à la vie socio-économique. De plus, l’investissement a permis de former les femmes à devenir elles-mêmes productrices et distributrices de ces fourneaux, transformant ainsi une intervention climatique en une initiative économique. À Dydir, les femmes ciblées par les premières formations enseignent déjà à d’autres femmes comment construire ces fourneaux. Elles ont également déjà lancé la production de briques d’argile.
Point focal LIFE-AR, Mme Marthe Ky BaroCette initiative contribue non seulement à la protection de notre environnement, mais aussi à l’autonomisation des femmes, qui sont les premières concernées par les activités de cuisson. L’adoption des foyers améliorés représente un pas important vers la résilience climatique. En réduisant la pression sur nos ressources forestières, nous participons activement à la lutte contre les changements climatiques.
Ce qui distingue toutefois cette initiative d’autres projets similaires, c’est le mécanisme qui la sous-tend. LIFE-AR est une initiative unique conçue pour déléguer le pouvoir vers les communautés, avec un objectif de 70 % de l’ensemble des financements climatiques directement affectés à des investissements choisis par les communautés locales, et non par les bailleurs de fonds. Avant que des fonds de LIFE-AR ne soient débloqués au Burkina Faso, le pays a passé plusieurs années à adapter ses structures de gouvernance et à mettre en œuvre des processus locaux : un comité de pilotage national supervisé par un organisme national chargé du changement climatique, des équipes techniques locales intégrées dans les communes pilotes, et des évaluations de la vulnérabilité menées par les communautés. L’équipe nationale a renforcé ses propres capacités tout en effectuant le travail préparatoire nécessaire à la mise en œuvre de ces investissements : aucun consultant externe n’est venu proposer des solutions toutes faites. Il s’agit là d’une adaptation au changement climatique délibérément conçue par le pays et les communautés ciblées, permettant aux fonds d’atteindre les personnes qui en ont le plus besoin et de leur laisser décider de la meilleure façon de les dépenser.