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La Semaine de l’action pour le climat de Londres 2026 s’est déroulée sur fond de températures record dans la capitale, rappelant sans détour que les effets du changement climatique ne sont plus des risques lointains, mais des réalités vécues. Pour LIFE-AR, cette semaine a renforcé un message central : le financement de l’adaptation doit passer plus rapidement des engagements à la mise en œuvre, et il doit être façonné par les pays et les communautés qui sont déjà confrontés aux risques climatiques.
Reconsidérer l'adaptation comme un enjeu à l'échelle de l'ensemble de l'économie
Tout au long de la LCAW, plusieurs débats ont mis en évidence la nécessité de recadrer l’adaptation en tant que défi systémique. Lors de la session intitulée « Construire une économie mondiale de l’adaptation », organisée par le Centre for Sustainable Finance de la SOAS et Morphosis, les intervenants ont présenté l’adaptation non pas comme une question de niche ou une classe d’actifs distincte, mais comme un défi d’investissement à l’échelle de l’économie. Lors de la table ronde organisée par Global South House sur le thème « Les voies pour financer les solutions climatiques menées par les communautés », les participants ont souligné que les communautés ne sont pas seulement les bénéficiaires d’investissements, mais aussi des gestionnaires des risques climatiques dont la proximité avec les impacts climatiques leur confère des connaissances qui font souvent défaut aux institutions éloignées. Lors du « Climate Governance Forum 2026 » organisé par E3G, les discussions sur le multilatéralisme, l’État de droit et la participation citoyenne ont mis en évidence qu’une adaptation efficace dépend d’institutions crédibles et inclusives, ancrées dans les contextes nationaux.

Ensemble, ces réflexions illustrent parfaitement l’approche de LIFE-AR : renforcer les systèmes nationaux afin que les PMA puissent définir leurs priorités, évaluer leur vulnérabilité, orienter les financements et tirer les leçons de la mise en œuvre ; partir d’évaluations des risques climatiques et de la vulnérabilité menées au niveau communautaire plutôt que de budgets ou de secteurs prédéfinis ; et relier les réalités communautaires aux plateformes nationales et aux processus climatiques plus larges. LIFE-AR montre comment l’adaptation menée localement peut devenir un véritable système de gouvernance et de financement, et non pas seulement un principe.
LIFE-AR au Sommet sur le financement de la résilience climatique
Le Sommet sur le financement de la résilience climatique a mis davantage en lumière le défi financier. Lors du petit-déjeuner de travail organisé par LIFE-AR et la Fondation ClimateWorks, les partenaires et les bailleurs de fonds ont discuté de la nécessité d’un soutien à long terme et flexible pour renforcer les systèmes d’adaptation pilotés par les PMA et aider LIFE-AR à passer du statut d’initiative hébergée par l’IIED à celui d’organisme indépendant. La table ronde du sommet intitulée « Repenser le financement de l’adaptation locale et régionale : faire le lien entre les investissements publics et privés pour gagner en envergure » a ensuite élargi le débat, remettant en question les idées reçues sur le rôle du financement privé dans l’adaptation et soulignant que les financements publics et les subventions restent essentiels lorsque la résilience est considérée comme un bien public.

Ensemble, ces discussions ont permis de positionner LIFE-AR comme un modèle concret pour repenser l’accès, la gouvernance et la mise en œuvre du financement de l’adaptation. LIFE-AR montre comment les financements peuvent se répercuter des priorités locales vers les plateformes nationales et l’apprentissage mondial, tout en aidant les PMA à renforcer leurs systèmes, à réduire leur dépendance vis-à-vis de modèles faisant largement appel à des intermédiaires et à placer au cœur de leurs actions la résilience définie par les communautés. Lors de la table ronde, la directrice de LIFE-AR, Tracy Kajumba, a souligné que le financement privé avait certes un rôle à jouer, mais dans des limites claires et avec le soutien délibéré des acteurs publics et philanthropiques, en particulier lorsque les investissements dans les communautés les plus vulnérables ne génèrent pas de rendements commerciaux.
Donner la parole aux PMA dans le débat
Enfin, LIFE-AR a organisé un webinaire afin de faire entendre des voix lplus rares dans le débat. L'adaptation va de pair avec le renforcement des capacités aux niveaux national et local. La discussion a réuni des intervenants du Malawi, d’Éthiopie et d’Ouganda, qui ont présenté les stratégies qu’ils ont mises en place pour garantir une participation significative des communautés ainsi que la pérennité des systèmes et des processus sur lesquels ils s’appuient pour la mise en œuvre de LIFE-AR. L’égalité de genre et l’inclusion sociale ont occupé une place importante dans la discussion, qui a mis en évidence la nécessité d’une coopération renforcée entre les différentes parties prenantes afin de consolider les capacités dans ce domaine à tous les niveaux. En ce qui concerne l’implication des communautés, les participants ont convenu qu’il existait un équilibre délicat entre l’intégration des savoirs traditionnels et autochtones et la garantie d’une bonne compréhension de la science du climat, afin de réaliser des évaluations de la vulnérabilité climatique pertinentes et adaptées à chaque communauté.
Si le financement de la lutte contre le changement climatique est nécessaire à l'adaptation, cette discussion a mis en évidence que la viabilité à long terme repose sur la coopération entre des acteurs nationaux et locaux solides.
Tout au long de la LCAW, notamment lors des débats du Forum sur la sécurité climatique consacrés aux risques climatiques dans le contexte plus large d’une « polycrise », une conclusion s’est imposée : l’adaptation ne peut être dissociée du développement, de la gouvernance, de la sécurité ou de la stabilité économique. Le défi consiste désormais non seulement à mobiliser davantage de moyens financiers, mais aussi à mettre en place les systèmes garantissant que ces fonds parviennent aux zones les plus touchées par les impacts climatiques.
Pour LIFE-AR, la prochaine étape est claire : achever la transition vers une structure indépendante dirigée par les PMA, mobiliser les ressources nécessaires pour renforcer et étendre le modèle, et continuer à démontrer que l’adaptation menée au niveau local peut passer du principe à la pratique. Au cours d’une semaine marquée par une chaleur extrême à Londres, LIFE-AR a contribué à montrer à quoi peut ressembler la mise en œuvre de l’adaptation lorsque les populations et les pays les plus touchés par le changement climatique sont placés au cœur du système.


